Accéder au contenu principal

La position du tireur couché

Martin Terrier mène une vie plutôt tranquille, à première vue.... On le contacte pour éliminer quelqu’un, il exécute sa tache…et sa victime, on le paye, plutôt bien. Il prévoyait de faire ça quelques années, puis de se retirer avec son magot pour filer le parfait amour avec Anne, son amour de jeunesse. Un plan de vie, tout ce qu’il y a de simple. Oui mais voilà, quand on s’appelle Martin et qu’on se fait appeler Christian, tout ne peut pas aller comme sur des roulettes.  
Jusqu’à présent son boulot a été net et sans bavures. Bien sur, de temps à autre, il y a des victimes collatérales. Mais bon, il ne fallait pas être au mauvais endroit, au mauvais moment. Pour Martin Terrier, il est temps de se ranger. Il a enfin amassé assez d’argent pour mener une petite vie pépère à la campagne, avec Anne qui l’attend depuis 10 ans. Malheureusement, ses commanditaires ne le voient pas de cet œil et font tout pour le retenir. Et puis, Martin ne s’est pas fait que des copains. Certains, qui portent le deuil de ses victimes, lui veulent du mal. Martin (mais peut-être faut-il l’appeler Christian ?) va donc devoir, en même temps qu’il renoue avec son passé, faire face, à ses amours, à ses ennemis, à ses employeurs, un petit monde rarement armé de bonnes intentions. Pas mal de cadavres vont jalonner ce parcours au cours duquel Martin se révèle moins idiot qu’il n’y paraît.

La position du tireur couché, est parsemé de références musicales (Jean-Patrick Manchette est amateur de jazz), géopolitiques (Terrier ne « choisit » pas ses victimes dans le menu fretin) et la personnalité de son héros est suffisamment attachante pour qu’on s’essouffle avec lui dans une fuite en avant jonchée de cadavres qui n’ont pas la chance de mourir dans leur lit.

Mr Black

MANCHETTE Jean-Patrick. La position du tireur couché. Paris, Folio Policier, 1981, p.197

Mots clés : Manchette, polar français, cadavres, amour fou.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

1974

La citation de Harry S. Truman « Tout ce qu'il y a de neuf dans ce monde, c'est ce qu'on ne sait pas » ouvre le polar de David Peace . Et ce que l'on ne sait pas ce sont les raisons de la disparition de Jeanette Garland, Susan Ridyard et Clare Kemplay. On vient de retrouver le corps de cette dernière sur un chantier, dans une tranchée. Nous sommes en 1974 , à l'approche de Noël, aux abords de Leeds dans la région du Yorkshire . Edward Dunford, un « bleu » dans le monde du journalisme arpente les routes de la région en quête d'indices afin d'élucider le mystère des meurtres des trois jeunes fillettes. Plus son investigation avance, plus il s'enfonce dans les arcanes d'un monde pourri : corruption de policiers, politiciens véreux, chefs d'entreprises vénaux ...   « 1974 » est le premier volet de la tétralogie consacrée à cette région du nord de l'Angleterre. « 1977 », « 1980 » et « 1983 » complètent le quatuor du Yorkshire . David Peace n...

[Actualité littéraire] Prix Nobel de littérature 2020

« À la fin de ma souffrance, il y avait une porte. » Photo Gasper -Tringale Louise Glück – Photo gallery. NobelPrize.org. Nobel Media AB 2020. Wed. 28 Oct 2020. <https://www.nobelprize.org/prizes/literature/2020/gluck/photo-gallery/> Le prix Nobel de littérature 2020 a été remis à la poétesse Louis Glück. Elle succède à Peter Handke et Olga Tokarczuk, tous deux récompensés en octobre 2019. Une habituée des prix prestigieux Native de New York, l'autrice fait ses débuts dans le milieu littéraire en 1968 avec un recueil intitulé « Firstborn ». Lauréate par ailleurs en 1993 du Pullitzer et en 2014 du National Book Award, elle est jugée comme l'une des poètes les plus en vue de la littérature contemporaine outre-Atlantique.   En traversant l'ensemble de ses douze ouvrages, l'on se rend compte que la poétesse aborde des questions autour de la vie de famille, de l'enfance, mais également des rapports très étroits entre ses mêmes membres d'une même famille.   Insp...